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04.06.2010

Le Zermatt Summit ou comment humaniser la globalisation

alp_hor_cervin_hornli_petit.jpgParadoxe : pour réfléchir à la crise, rien de tel qu'un palace cossu dans un village suisse réputé. C'est à Zermatt que se tient du 3 au 5 juin, un sommet pour réfléchir à une mondialisation plus juste (Zermatt Summit). L'ironie de la situation est signalée par l'un de ses participants, le bloggeur atypique Paul Jorion. Atypique, car à la fois anthropologue et ancien cadre bancaire aux Etats-Unis pronant des décisions radicales à l'inverse des leaders du monde financier.

Il est peu probable que cet événement bénéficie de la même couverture que Davos mais les pistes évoquées seront bien plus intéressantes :

- les erreurs de Greenspan et son idéologie proche de la fanatique Aynd Rand : une croyance démesurée dans l'égoïsme, l'individualisme et l'autorégulation

- la conférence des évêques britanniques sur la moralisation de la vie des affaires et la notion de Common Good, qui s'oppose à la vision Rand/Greenspan

- l'encyclique du Pâpe Benoît XVI sur l'instauration d'une APM (Autorité Politique Mondiale)

Un des participants, Ben Andrati, met déjà en avant la question : comment fabriquer des leaders honnêtes plutôt que de refaire des règles rigides non respectées.

Le texte de Ben Andrati

 

03.06.2010

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08.05.2010

Henry Paulson - Partie 1 : La Christian Science et Goldman Sachs

paulson.jpg

Paru il y a quelques mois aux Etats-Unis, le livre témoignage d'Henry Paulson, secrétaire au Trésor pendant le début de la crise et jusqu'à l'arrivée d'Obama en 2008, et ancien PDG de Goldman Sachs, est passée inaperçu en France.

 

Et pourtant, ce livre contient plusieurs informations intéressantes. En voici quelques unes :

 

- Henry Paulson se vante d’avoir anticipé la crise. Il s’y attendait selon lui, mais on ne peut pas dire qu'il se soit exprimé publiquement bien avant son éclatement alors qu'il faisait partie de l'élite dirigeante de Goldman Sachs depuis de nombreuses années.

 

- L’auteur revendique l’influence de Dieu sur lui. Il explique clairement qu’il est proche de la Christian Science. La Christian Science, littéralement la Science Chrétienne est totalement méconnue en France. Il s’agit d’un mouvement religieux protestant très particulier. Autant, il est habituel aux Etats-Unis d’entendre des allusions à Dieu dans les discours politiques, il est surprenant pour un lecteur français de lire :

 

I prayed for the humility to do something not out of a sense of ego, but out of the fundamental understanding that one’s job in life is to express the good that’s come from God (p40).

 

J'ai prié pour l'humilité de ne pas faire quelque chose d'un sens de l'ego, mais de la compréhension fondamentale que son emploi dans la vie consiste à exprimer le bien que viennent de Dieu.

 

Christian Science has always been a big influence on me. Il is a religion based on a loving God (p24).

 

Christian Science a toujours été une grande influence sur moi. Il est une religion basée sur un Dieu d'amour.

 

Pour information, selon wikipédia, la Science chrétienne (ou Christian Science) est un mouvement religieux fondé par Mary Baker Eddy en 1879 et rassemblant de nos jours 1 800 églises dans 82 pays et quelques centaines de milliers de croyants, principalement aux États-Unis. L’Église mère de ce mouvement, la Première Église du Christ, Scientiste, est basée à Boston. D’obédience protestante, la Science chrétienne se donne pour mission « de rétablir le christianisme primitif et son élément perdu de guérison »

 

Monsieur Paulson a réalisé une grande partie de sa carrière chez Goldman Sachs. Entré en 1974 à Chicago, il termina président de la banque de 2004 à 2006. Les agissements de Goldman Sachs ces dernières années, comme par exemple vis à vis de la Grèce, sont-ils conformes à sa vision religieuse du Monde ? Paulson n'est pas le premier pris au piège de contradictions flagrantes.

 

- enfin, il prétend que les Russes auraient proposés aux Chinois de mettre à genoux les GSE (Government Sponsored Enterprises comme Fanny Mae et Freddy Mac) américains alors qu’ils étaient au plus bas de leur forme. Il n’en dit pas plus. (p161 Russie). Ce ne serait qu'une illustration de la guerre économique qui fait rage entre grandes puissances.

 

L’ouvrage explcite longuement et de manière assez ennuyeuse les négociations pour sauver Bear Strearn puis Lehman Brothers, menées plus ou moins adroitement dans un contexte compliqué par Henry Paulson.

 

A suivre

11:53 Publié dans banques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : banques, goldman sachs, paulson, russes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01.03.2010

Georges Pauget, l'ex DG du Crédit Agricole préfère LCL

Georges Pauget, l'ex Directeur Général du Crédit Agricole SA (CA sa), remplacé aujourd'hui par Jean-Paul Chifflet n'a pas perdu de temps.

Terminant son mandat de DG du véhicule coté du Groupe Crédit Agricole ce vendredi 26 février, il vient de créer une société de conseil baptisée « Economie, Finance et Stratégie » dont les statuts ont été déposés le 9 février à Paris.

status gp.jpg

Qu'on se rassure, rien à dire pour le jeune retraité auteur de Faut-il brûler les banquiers ?

Mais quelle ironie pour sa banque d'origine ! Selon le document déposé au greffe et consultable par Internet sur societe.com,  Georges Pauget, qui a passé fidèlement toute sa carrière dans une Caisse Régionale, a préféré ouvrir le compte de sa société chez LCL.

Certes, Crédit Agricole est devenu actionnaire de LCL, mais choisir la banque jaune, plutôt que que le Crédit Agricole Ile De France....

Au fond de lui même le Georges Pauget pense donc qu'il aura une meilleure qualité de service que dans une Caisse Régionale.

De quoi faire réfléchir les Caisses du Crédit Agricole et s'amuser un peu !!!

 

banque gp.jpg

 

23:41 Publié dans banques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : georges pauget, dg, crédit agricole, lcl, banque | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07.11.2009

Du neuf à la tête du Crédit Agricole, enfin pas vraiment.

casa.jpg

Au Crédit Agricole, 39 Caisses Régionales, mutualistes, dirigées par 39 Directeurs Généraux, véritables barons locaux se partagent la France et réunissent une grande partie de leurs forces dans un véhicule commun : Crédit Agricole SA, Casa, coté en bourse.

L'instance qui fédère les Caisses est la Fédération située rue La Boétie à Paris. C'est le bastion du pouvoir du Groupe Crédit Agricole. C'est de cette structure dont sont issus Messieurs Jean-Marie Sander promu Président de CAsa et Jean-Paul Chifflet son Directeur Général. Ils sont déjà très proches de la gouvernance de CAsa et administrateurs de nombreuses filiales.

 En une dizaine d'année, CAsa est devenu un mastodonte tentaculaire uniquement composé de filiales : LCL, Calyon, Predica, Sofinco, etc souvent parmi les leaders européens. CAsa use régulièrement ses Directeurs Généraux, Jean Laurent puis Georges Pauget peu préparés par leur parcours régionaux à une carrière de banquier international. Gérée depuis une tour d'ivoire retranchée derrière la gare Montparnasse la holding n'assure que la coordination des affaires courantes et le reporting. Son pouvoir ne doit pas l'emporter sur celui de la Fédération.

Pour se renforcer, la holding fait régulièrement appel à quelques énarques avec des succès mitigés. Ils exercent toujours une sorte fascination et en même temps un certain dédain auprès des DG de Caisses. La direction financière est réservée à des anciens banquiers d'affaires plutôt techniciens qui n'ont que faire des métiers du Groupe et de l'intérêt général.

Le Crédit Agricole, banque mutualiste dont les origines sont partiellement liés à l'influence de la Franc-maçonnerie, est devenu « schizophrène polycentrique ». Dieu seul, où le Grand Architecte, est capable de comprendre comment cela marche de manière exhaustive. Véritable village gaulois avec ses querelles intestines, cette banque peine à se trouver des Jean Moulin efficaces capables de rassembler. Beaucoup de DG et patrons de filiales passent, se servent et puis s'en vont en retraite les poches pleines. Après moi le déluge et pourvu que les problèmes restent sous le tapis ! 

La banque est probablement devenue l'anti-modèle de ce que pourrait souhaiter des humanistes : la méritocratie. Et la question que tous les cadres de la banque devraient se poser : à quoi servent-ils ?

Les DG sont comme les Présidents de la République. On les aime éventuellement que quand ils sont partis. Georges Pauget aura eu le mérite de régler la situation en Italie, en organisant la sortie partielle du capital d'Intesa. Par contre, les acquisitions réalisées en Grèce ou en Ukraine étaient pure folie pour atteindre des objectifs irréalistes d'internationalisation. La grenouille verte se voulait boeuf...

En mois d'un an, trois des principales banques françaises, Socgen, le Groupe Caisse d'Epargne et CAsa ont changé de têtes,. C'est dans la logique des choses mais comme dit Lampedusa : il faut que tout change pour que rien ne change. Donc, rien ne devrait changer, sauf quelques agitations médiatiques.

C'est une tache si inhumaine que de piloter ce genre de Groupe du CAC 40, en pleine tempête économique durable, que c'est peine perdue, même bardé de conseillers surdiplômés mais éloignés des réalités. Un jour viendra où les groupes vont se disloquer en grosses PME à dimension plus humaine dont le capital sera équitablement réparti entre salariés, management et investisseurs. C'est la seule façon de mieux tout contrôler.

Georges Pauget vient de publier Faut-il brûler les banquiers ? Que va t'on faire ?

31.10.2009

Pourquoi les banquiers sont-ils nuls ?

Bonnet-d-ane.jpg

Pour en rajouter à la charge bien méritée contre le management des grandes banques, voici une synthèse de plusieurs idées issues de témoignages.

Et si tout simplement,  certains dirigeants ou managers de grandes banques ne maîtrisaient pas les outils utilisés depuis de longues années par leurs équipes ? Et si c’était vrai ?

Les équipes ? Il s’agît de ces fameux financiers, souvent jeunes trentenaires ou quadra désormais, plus ou moins matheux, qui mettent en place les produits financiers dont on parle tant mais aussi qui valorisent des entreprises grâce à des outils comme Excel.

 C’est un fait, chez les banquier ou les financiers, les dirigeants ignorent souvent le « savoir-faire » et les outils de leurs propres collaborateurs.

Poser la question à un artisan ! Son apprenti sait-il faire des choses qu’il ne sait pas faire lui même ? Impossible voyons répondra t-il. Mon apprenti est peut être plus doué que moi dans le geste mais il ne peut pas connaître des techniques que j’ignore. Je serais dans ce cas un mauvais artisan et cela se saurait !

Et bien malgré des salaires mirobolants, le top management des banques n’a même pas été foutu de se mettre à ces fameux outils en 20 ans. Vous trouverez des milliers de témoignages au sein des banques. Pas besoin d’être fin limier.

Que font de mauvais artisans ? Ils refilent de mauvais produits et racontent des histoires.

Explication. Une vague d’innovation est arrivée avec Excel (le fameux outil, tableur des financiers avec lequel on peut tout valoriser) dans les années 80 et avec Internet dans les années 90. Résultat : bouleversement des métiers financiers et de leurs outils. Malheureusement, une grande partie de la classe dirigeante - des soixante huitards- l’a ignorée par arrogance et orgueil. Elle en est devenue incompétente !

Bien sûr il y a des exceptions et certains vieux loups de la finance sont parfois des as de l’Excel et ou de Powerpoint. Mais combien sont-ils ? 10% ?

Or une meilleure connaissance de ces outils aurait pu permettre aux dirigeants de banques d’éviter certains écueils selon le cabinet Arkoya. C’est en connaissant les limites et astuces des modèles de valorisation par exemple que l’on peut encadrer efficacement ses collaborateurs et surtout que l'on sait comment s'entourer. Tout le monde le sait depuis bien des années ! C'est en compilant des données sur Excel que l'on peut se rendre compte de l'abération de certaines situations économiques.

Bref, tirer à boulet rouge sur l’incompétence d’une grande partie du top management des banques est aujourd’hui 100% justifié mais le problème est aussi le suivant : sont-ils les seuls responsables de leur nullité ?

Que font les conseils d’administration ? Rien.

Sont-ils composés de gens sérieux qui ont le temps et les moyens d’exercer leur rôle ? Evidemment non.

Quelle est leur responsabilité face à la crise ? Grande.

13:37 Publié dans banques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : banquiers, scandales, arkoya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05.10.2008

Les 7 péchés capitaux d'ING

Sans titre.PNG
Cela va mal, cela va même très mal !
Ci-dessus une publicité proposée sur le site Internet du Figaro dimanche 5 octobre matin.
ING Direct en appelle à la Luxure, rien que cela pour attirer l'argent de nouveaux épargnants.
Comment les banques peuvent-elles regagner une image "respectable" en utilisant de telles publicités ?

20:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04.10.2008

Merci à nos visiteurs

Un grand merci à nos visiteurs.

Voici les statistiques de visites du site depuis le mois de juin 2008 :

Mois                 Visiteurs uniques  Visites Pages vues

Juin                         333                529        1039

Juillet                      776               1350       2678

Août                         365                581        2825

Septembre              777               1070       3719

Ceux qui ont des témoignages intéressants sur ce qui se passe actuellement, n'hésitez pas à commenter nos différents billets.

watchthebank

13:59 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : watchthebank, crise financière | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03.10.2008

Le Crédit Agricole se fait refinancer par ses clients en Assurance Vie

90cde850-7f14-11dd-8b74-361ac5096025.jpgPar les temps qui courent, les ressources financières sont rares. Parmi les trois grandes banques françaises c'est paradoxalement le Crédit Agricole SA, véhicule coté du Groupe Crédit Agricole qui peine le plus à se refinancer.

Sur le site de l'AMF (Autorité des Marchés Financiers), la liste des opérations des émissions d'actions et d'obligations est édifiante :

Alors que BNP Paribas n'a procédé à pratiquement aucune émission et que la Société Générale s'est contentée de l'augmentation de capital destinée à se renflouer suite à l'affaire "Kerviel", Crédit Agricole SA n'en finit pas d'émettre des obligations à des taux très élevés : entre 5% et 6% ce qui est quasiment plus élevé que les taux auxquels la banque verte prétait à ses clients au début de l'année.

Outre l'augmentation de capital de près de 6 milliards d'euros réussie en juin 2008, la banque a du procéder à un grand nombre d'émissions (une dizaine) d'obligations à taux fixe zéro coupon et de dettes subordonnées depuis le début l'année pour un montant total de l'ordre de 3 milliards d'euros.

Le plus étonnant est que l'une des dernières émissions d'un montant significatif de plus de 800 millions d'Euros (émission du 17/09/2008) a été souscrite intégralement par sa filiale d'assurance vie Prédica qui gère l'épargne d'assurance vie de millions de Français. On est jamais mieux servi que par soi même quand personne sur le marché ne veut préter son argent à une banque.

Sans grand risque à la fois pour la banque et pour ses assurés cette pratique stigmatise les grandes difficultés rencontrées par la banque verte qui connait une véritable crise de gourvernance. Sa dernière réorganisation annoncée dans la presse le 2 octobre n'est en fait qu'un effet de style : "on prend les mêmes et on recommence" selon certains cadres de la banque en tirant au sort les portefeuilles des 20 principaux managers qui ne connaissent rien aux métiers (une quizaine d'activités) qu'ils sont censés diriger.

Les leçons de la crise des Subprime et de la crise de gouvernance sont loin d'être tirées l

 

22:36 Publié dans banques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crédit agricole, crise, predica, refinancement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01.10.2008

Crise financière : la rapacité des prédateurs

arton221-2d71f.jpgAu fil des semaines nos journaux ne savent plus quoi inventer pour leurs titres : panique, crise, angoisse, nationalisation, ...tout en rassurant leurs lecteurs de plus en plus incrédules. On peut même sourire de certains dessins d’illustrateurs (Pancho dans Le Monde du 28/29 septembre) : une vieille dame inquiète passant dans son agence bancaire questionne: «Je veux seulement savoir si mon argent est toujours là !». Et le banquier de répondre : «Il était comment, votre argent ?»

Mais la plaisanterie est de courte durée quand il s’agît d’argent. Petit à petit la prise de conscience se fait sentir.

La réglementation sur les hedge funds est toujours inexistante

Les hedge funds sont des spéculateurs. La finance a besoin de spéculateurs : un exportateur français de vin doit s’assurer contre des variations monétaires. C’est un spéculateur qui prend le risque à sa place que cela soit à la hausse ou à la baisse. C’est un bon système. En revanche, d’autres techniques plus complexes à l’aide d’effets de leviers deviennent trop déstabilisantes (ventes à découvert) pour le système. La revue « Foreign Affairs », fer de lance de la diplomatie américaine, prend la défense des hedge funds évoquant leur rôle utile dans la gestion des risques systémique (numéro de Janvier/Février 2007). Débat intéressant.   

En revanche Jean-Louis Gergorin s’inquiète de la part croissante de ces hedge funds dans les volumes de transactions dans son livre Rapacité (Rapacité, Editions Fayard, Février 2007). Ces chiffres sont confirmés dans un rapport de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) sur la cartographie des risques 2008 :

Poids des hedge funds dans les transactions sur instruments financiers aux Etats-Unis :

Marchés d'actions (comptant)        30%

Dérivés de crédit "plain vanilla "    60%

Dérivés de crédit (structurés)        33%

Marchés obligataires émergents    45%

Distressed debt                            47%

Prêts à effet de levier                   33%

Obligations à haut rendement        25%

Source : Financial Times d’après Greenwich Associate

Jean-Louis Gergorin, polytechnicien, ancien Vice Président d’EADS a le mérite de globaliser le problème en le liant avec les problématiques de corruption par des "prédateurs" rendant aussi hommage au juge Renaud Van Ryumbeck.

Il est évident que les pratiques de ces fonds doivent être encadrées mais ce n’est pas possible pour la simple bonne raison que ces fonds sont souvent localisés dans des paradis fiscaux. Il est regrettable, au point que cela les discrédite irrémédiablement, que les économistes libéraux ne s’inquiète jamais publiquement de ces dérives.   

Une nécessaire consolidation des banques ?

Fin 2004, alors Ministre des Finances, Francis Mer s’exprimait devant les managers d’un grand groupe bancaire français en les interpellant : dans l’industrie bancaire « ça va décoiffer ! ». Il faisait allusion au fait que dans l’acier (il a été patron d’Arcelor), il n’y avait déjà plus que quelques acteurs européens.

Les probables rapprochements de banques en cours sont peut-être dans l’ordre des choses si l’on veut construire l’Europe. Certes des banquiers vont se retrouver au chômage, mais des ouvriers, des cadres de l’industrie sont déjà passés par là depuis plusieurs sans que cela révolte l’ensemble de la population. Il fallait paraît-il être flexible.

Les économies européennes et américaines sont déjà très développées et le besoin d’avoir plusieurs grandes banques d’affaires n’est peut-être plus le même. Flairant la consolidation, les banquiers les plus prédateurs salivent à l’idée de renforcer leur empire. Pour les opportunistes il y aura peut-être de bonnes affaires même si racheter en quelques jours une banque de plusieurs milliards d’euros peut à juste titre ne pas paraître sérieux.

Plus tard, peut-être allons-nous vers un mouvement de balancier inverse du « too big to fail » et devoir démanteler des grandes entreprises afin de les rendre plus lisibles, car de la lisibilité naît la transparence et la confiance ce que redoutent les prédateurs qui profitent du flou.

La prédation est devenue le mode de fonctionnement de notre économie

Un autre polytechnicien, économiste, s’inquiète des dérives de la prédation sur notre système capitaliste dans un livre disponible gratuitement sur Internet : Prédation et Prédateurs. Amateur d’Internet et animant son propre blog, Michel Volle explique très clairement les limites du système capitaliste au regard de la corruption ou de l’influence des mafias. En résumé, le ver dans le fruit. Et il est bien compliqué d’en sortir car c’est malheureusement dangereux et tout le monde est mouillé. On rappellera que la France n’est pas très bien notée par Transparency International (23ème pays).

Pour reprendre le surnom donné à Sarkozy par un  Gérard Desportes, journaliste de Mediapart, c’est un Eliott Ness de la finance dont nous avons besoin. Coté français, Georges Pauget, le besogneux DG du Crédit Agricole qui vient de prendre la présidence tournante de la FBF (Fédération Bancaire Française) aura l’opportunité de jouer un grand rôle d’autant plus que c’est la France qui Préside l’Union Européenne. Il faut espéré qu’il sera soutenu par ses confrères tous convoqués mardi 30 septembre à l'Elysée. Les récentes réorganisations au sein de la banque lui laisseront plus de temps pour remplir son rôle.

On espérera bien sûr que la crise ne fera pas trop de dégâts mais surtout qu’elle provoquera un sursaut de conscience planétaire (les fonds asiatiques et du Moyen-Orient viennent de perdre beaucoup d’argent, et les populations des pays émergeants souffrent douloureusement de la hausse de prix sur lesquels nous spéculons) qui aboutira une meilleure régulation et réglementation de la finance internationale qui, on l’a bien compris, nous concerne tous directement.   

S’organiser mondialement comme le rappelait Jacques Attali dans son billet "Le dernier G8" ou "1929-1933" sur son blog est devenu imminent. Nous allons voir très bientôt si la civilisation va l’emporter sur la prédation.

 
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